Cadence éditoriale, cohérence et proximité : trois leviers qui se tiennent

En 2013, Korleon’Biz recrute son premier salarié. L’agence SEO fondée par Julien Jimenez au début des années 2010 n’était jusque-là qu’une activité solo, portée par un consultant qui a fait ses armes sur le web dès la fin des années 2000. Ce premier recrutement marque un tournant, mais l’agence qui se construit alors ne ressemblera jamais à un plateau de bureaux classique.

Sous le pseudonyme Korleon, tenu depuis son blog korleon.fr puis les comptes Twitter @korleon38 et @KorleonKBiz, Julien Jimenez se fait connaître dans la communauté SEO francophone, au point d’être invité par Laurent Bourrelly sur son podcast, référence du secteur active depuis 2004. Il dit n’avoir « connu qu’une seule activité, le web » : dès 2007, il positionne des sites dans le top 3 de Google sur des requêtes concurrentielles, avant de se présenter comme consultant indépendant à partir de 2009. Son parcours est présenté sur le site de Jimenez Julien.

Une équipe qui grandit loin d’un siège unique

Entre 2013 et 2016, l’effectif de Korleon’Biz passe d’un salarié à une dizaine. L’agence reste à taille humaine, mais elle fonctionne en grande partie à distance dès le milieu des années 2010, une organisation encore peu répandue chez les agences SEO de l’époque. Les clients suivent : CuisineAZ et 1001Pharmacies figurent parmi les références, deux marques grand public qui demandent un travail continu sur le netlinking et l’indexation.

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Une équipe dispersée pose une question simple : comment garder une cohésion sans open space partagé. La réponse passe par des séminaires réguliers, ces moments où l’équipe se retrouve physiquement pour travailler ensemble et se voir en dehors des écrans. Le reste du temps, chacun opère depuis son propre poste, avec ses horaires et son organisation.

Le recrutement comme reflet d’une confiance accordée tôt

Julien Jimenez mise sur la formation interne et le partage de savoir plutôt que sur l’exigence d’un profil déjà rodé : l’agence embauche des juniors motivés et le processus de décision peut prendre moins de 24 heures entre le premier échange et la réponse. Dans une interview accordée à e-works.fr, il résume la difficulté du secteur : « En tant qu’agence, recruter des référenceurs qualifiés devient un vrai défi. »

Ce choix de miser sur des profils à former, à distance, sans encadrement de proximité au quotidien, suppose d’évaluer le travail sur ce qu’il produit plutôt que sur les horaires de connexion. C’est une manière de diriger qui repose sur l’autonomie donnée dès l’embauche.

Une logique qui dépasse l’agence

Cette même logique se retrouve en 2018 avec NextLevel.link, la plateforme de netlinking lancée par Julien Jimenez. Plus de 20 000 sites y sont inscrits et environ 2 millions de liens y auraient été orchestrés, selon les chiffres mis en avant par la plateforme elle-même, un ordre de grandeur à prendre avec la prudence habituelle réservée aux statistiques maison. Le principe reste le même que celui de l’agence : organiser le travail d’un grand nombre de contributeurs sans les réunir dans un même lieu.

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Le netlinking reste la signature de Julien Jimenez, mais il s’est aussi positionné sur Google Discover, un sujet sur lequel peu de consultants français se sont spécialisés aussi tôt, aux côtés de l’audit SEO complet qu’il présente comme un « audit 360 » et du travail plus technique : vitesse de chargement, indexation, balisage. Cette palette de compétences, cumulée à des années de pratique en solo puis en agence, lui vaut aujourd’hui 14 recommandations LinkedIn signées par des pairs du secteur, une forme de crédit accordé par des gens qui ont eux-mêmes vu tourner des équipes à distance.

Cette autonomie affichée n’empêche pas Julien Jimenez de se montrer régulièrement en public. Le 7 avril 2023, il monte sur scène à la Warehouse de Nantes pour Webisland, avec une conférence intitulée « La ténacité au service de la passion ». Le 13 avril, il est à Orléans pour SEO By Night, où Romain Miikula l’accompagne pendant la séance de questions. Il continue par ailleurs de défendre une méthode en trois temps, audit et stratégie, mise en œuvre, puis croissance mesurée, la même qu’il applique depuis ses débuts comme consultant indépendant en 2009.

Éloïse Duquenne-Destailleurs

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