Refaire une installation électrique vétuste coûte cher, mais plusieurs aides financières peuvent alléger fortement la facture. Entre 3 000 et 10 000 euros en moyenne pour une rénovation électrique complète, le budget peut vite devenir un frein pour de nombreux ménages. Pourtant, des dispositifs comme MaPrimeRénov’, les aides de l’Anah, les subventions locales ou encore l’éco-prêt à taux zéro permettent de réduire significativement le reste à charge. La clé réside dans la bonne compréhension de ces mécanismes et dans la manière d’intégrer vos travaux électriques à un projet cohérent. Ce guide vous explique concrètement quelles aides existent réellement pour la mise aux normes électriques, qui peut en bénéficier et comment optimiser votre dossier pour obtenir le maximum de soutien financier.
Comprendre les aides pour refaire l’électricité de votre logement

Avant de lancer des travaux électriques, il est essentiel de savoir sur quelles aides financières vous pouvez compter. Le paysage des aides à la rénovation a beaucoup évolué ces dernières années, avec une concentration autour de dispositifs nationaux comme MaPrimeRénov’ et les programmes de l’Agence nationale de l’habitat (Anah). S’ajoutent à cela des aides locales proposées par certaines collectivités territoriales et des solutions de financement comme les prêts à taux avantageux. La difficulté principale pour les particuliers consiste à identifier quels dispositifs correspondent réellement à leur projet électrique.
Quelles aides financières existent pour la rénovation électrique de votre logement ?
Plusieurs types d’aides peuvent intervenir selon la nature de vos travaux électriques et votre situation personnelle. Les principales solutions incluent MaPrimeRénov’, qui finance prioritairement les travaux de rénovation énergétique mais peut intégrer l’électricité dans certains cas. Les programmes de l’Anah, comme « Habiter Sain » ou « Habiter Serein », ciblent spécifiquement les propriétaires occupants aux revenus modestes pour sécuriser leur logement. Des aides locales existent aussi dans certains départements ou communes, avec des budgets dédiés à la rénovation de l’habitat ancien.
L’enjeu principal consiste à vérifier si vos travaux de réfection électrique peuvent être intégrés à un projet de rénovation énergétique plus large. Par exemple, si vous prévoyez également d’installer une pompe à chaleur ou de renforcer l’isolation, la composante électrique peut alors bénéficier d’un financement indirect. Les aides spécifiques pour l’électricité seule restent plus rares et souvent réservées aux situations de précarité ou de danger avéré.
Différencier mise aux normes électrique, rénovation globale et simple amélioration
Toutes les aides financières ne couvrent pas les mêmes types de travaux électriques. Une distinction claire s’impose entre trois catégories. La mise aux normes de sécurité concerne le remplacement d’installations dangereuses ou vétustes pour respecter la norme NF C 15-100. La rénovation globale s’inscrit dans un projet plus vaste visant à améliorer significativement la performance énergétique du logement. Enfin, la simple amélioration désigne des travaux de confort sans urgence sécuritaire ni gain énergétique majeur.
Concrètement, si votre tableau électrique présente des risques d’électrocution ou si vos circuits ne comportent pas de terre, vous entrez dans le cadre d’une mise en sécurité prioritaire. Cette situation peut ouvrir l’accès à des aides Anah sous conditions de ressources. En revanche, si vous souhaitez simplement ajouter des prises dans une cuisine moderne, les aides seront quasi inexistantes. Bien identifier la catégorie de vos travaux vous permettra de cibler les bons dispositifs et d’éviter des refus de financement.
Pourquoi l’état de votre installation électrique influe sur les aides mobilisables
Un diagnostic électricité obligatoire lors d’une vente ou réalisé volontairement peut mettre en évidence des risques importants : absence de mise à la terre, câbles dénudés, tableau vétuste. Cette documentation devient un atout pour votre dossier d’aide. L’Anah privilégie notamment les situations où le logement présente des risques pour la santé ou la sécurité des occupants. Un rapport certifié par un professionnel qualifié renforce considérablement votre légitimité à solliciter un financement.
Pour les propriétaires occupants modestes, un logement classé comme indécent ou très dégradé peut donner accès à des subventions pouvant couvrir jusqu’à 50% du montant des travaux. Plus le risque est avéré et documenté, plus il est simple de justifier des travaux prioritaires auprès des organismes financeurs. À l’inverse, sans élément objectif prouvant la dangerosité, les chances d’obtenir une aide diminuent fortement.
MaPrimeRénov et Anah : leviers majeurs pour financer l’électricité

MaPrimeRénov’ et les aides de l’Anah sont devenues incontournables pour les travaux liés à la rénovation du logement. Fusionnées en partie en 2025, ces dispositifs ciblent avant tout l’amélioration énergétique mais peuvent, sous certaines conditions, intégrer la composante électrique. Comprendre précisément leurs critères d’éligibilité et leurs modalités de financement permet de maximiser vos chances d’obtenir un soutien financier substantiel.
Dans quels cas MaPrimeRénov finance la rénovation électrique partielle ou globale ?
MaPrimeRénov vise en priorité les travaux améliorant la performance énergétique du logement : isolation, chauffage performant, ventilation. Les travaux électriques seuls ne figurent généralement pas dans la liste des opérations éligibles. Toutefois, lorsque la rénovation électrique s’intègre dans un parcours accompagné de rénovation globale, elle peut être partiellement prise en charge. Par exemple, si vous installez une pompe à chaleur nécessitant une mise à niveau du tableau électrique et des circuits, ce poste peut être financé dans le cadre du projet global.
Le montant de l’aide dépend de vos revenus et du gain énergétique obtenu. Les foyers aux revenus très modestes peuvent bénéficier d’une prise en charge jusqu’à 80% du coût total du projet, plafonnée selon la nature des travaux. Il est donc stratégique de combiner mise aux normes électrique et autres travaux éligibles pour augmenter vos chances d’obtenir une aide substantielle.
Aides de l’Anah : comment inclure la mise aux normes électrique dans le projet ?
Les programmes de l’Anah comme MaPrimeRénov’ Sérénité ou les aides « Habiter Sain » permettent d’inclure des travaux d’électricité lorsqu’ils sont indispensables à la salubrité, à la sécurité ou à la décence du logement. Pour les propriétaires occupants modestes, ces aides peuvent couvrir entre 35% et 50% du montant total des travaux, avec des plafonds variant de 30 000 à 70 000 euros selon les situations.
Un accompagnement par un opérateur agréé est souvent obligatoire. Ce professionnel vous aide à constituer le dossier, à vérifier l’éligibilité de chaque poste de travaux et à suivre leur réalisation. Par exemple, un ménage modeste en Île-de-France avec un revenu fiscal de référence inférieur à 30 000 euros pourra solliciter l’Anah pour refaire entièrement son installation électrique si celle-ci présente des risques avérés. L’aide couvrira alors une part importante des 8 000 euros nécessaires à la rénovation complète.
Comment votre profil de revenus conditionne le montant des aides disponibles
Les barèmes MaPrimeRénov et Anah reposent sur des plafonds de revenus par foyer et par zone géographique (Île-de-France ou autres régions). Quatre profils existent : MaPrimeRénov’ Bleu (revenus très modestes), Jaune (revenus modestes), Violet (revenus intermédiaires) et Rose (revenus supérieurs). Plus vos revenus sont modestes, plus les taux de prise en charge peuvent être élevés.
| Profil | Revenus (1 personne IDF) | Taux d’aide maximal |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov’ Bleu | ≤ 23 541 € | Jusqu’à 80% |
| MaPrimeRénov’ Jaune | ≤ 28 657 € | Jusqu’à 60% |
| MaPrimeRénov’ Violet | ≤ 42 058 € | Jusqu’à 45% |
| MaPrimeRénov’ Rose | > 42 058 € | Jusqu’à 30% |
Il est important de vérifier la dernière grille officielle sur le site France Rénov’ et de préparer vos justificatifs de ressources (avis d’imposition) avant toute demande. Un décalage même léger peut vous faire basculer dans une catégorie différente et modifier significativement le montant de l’aide perçue.
Autres solutions : aides locales, prêts à taux avantageux et dispositifs complémentaires
Au-delà des dispositifs nationaux, de nombreuses aides locales ou solutions de financement bancaires peuvent aider à financer la réfection d’une installation électrique. Ces leviers se combinent parfois avec MaPrimeRénov ou l’Anah, permettant de réduire encore davantage votre reste à charge. Explorer ces pistes complémentaires peut faire toute la différence sur un projet de plusieurs milliers d’euros.
Quelles aides des collectivités territoriales pour refaire l’électricité sont possibles ?
Régions, départements et communes proposent parfois des subventions pour la rénovation de logements anciens, incluant les travaux d’électricité. Par exemple, certains départements accordent une aide de 1 000 à 3 000 euros pour la mise en sécurité électrique des logements de plus de 15 ans. Les communautés de communes en zone rurale peuvent aussi proposer des soutiens pour lutter contre l’habitat indigne.
Les conditions varient fortement d’un territoire à l’autre, tant sur le type de travaux que sur les plafonds de ressources. Il est indispensable de consulter les services habitat de votre mairie, de votre intercommunalité ou du conseil départemental pour connaître les dispositifs en cours. Certaines aides locales ne sont pas cumulables avec MaPrimeRénov’, tandis que d’autres peuvent se superposer sans restriction.
Éco-prêt à taux zéro et prêts travaux : peut-on financer l’électricité avec ?
L’éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ) finance principalement les travaux améliorant la performance énergétique, avec un montant pouvant aller jusqu’à 50 000 euros sur 20 ans. Les travaux électriques seuls ne sont pas éligibles, mais lorsqu’ils accompagnent des travaux de rénovation énergétique (isolation, chauffage), ils peuvent être intégrés dans le bouquet financé. Par exemple, si vous isolez vos combles et que cela nécessite une mise aux normes du tableau électrique, cette partie peut être incluse dans l’éco-PTZ.
En complément, des prêts travaux classiques ou des prêts à taux bonifié proposés par certaines caisses de retraite permettent de lisser le coût dans le temps. Les taux restent généralement compris entre 1% et 3%, bien plus avantageux qu’un crédit à la consommation classique. Ces solutions s’adressent à tous les profils, sans condition de ressources stricte.
Aides des caisses de retraite, d’Action Logement et organismes sociaux
Certains organismes comme Action Logement proposent des aides pour adapter ou sécuriser le logement de leurs adhérents. Le dispositif « Aide à l’adaptation du logement au vieillissement » peut financer jusqu’à 5 000 euros de travaux, incluant la mise aux normes électrique pour prévenir les risques domestiques. Les salariés du secteur privé peuvent en bénéficier sous conditions d’ancienneté.
Les caisses de retraite (Carsat, MSA, CNRACL) proposent aussi des aides pour améliorer la sécurité du logement des retraités. Par exemple, la Carsat peut financer jusqu’à 3 500 euros pour des travaux d’électricité visant à prévenir les accidents. Une simple prise de contact avec votre caisse ou votre employeur peut révéler des aides méconnues mais précieuses, souvent cumulables avec les dispositifs nationaux.
Préparer son projet : démarches, artisans RGE et optimisation des aides
Une bonne préparation administrative et technique conditionne l’obtention des financements et le bon déroulement des travaux. Entre le choix du professionnel, la constitution du dossier et le respect du calendrier des démarches, chaque étape compte. Cette dernière partie vous aide à structurer votre projet pour sécuriser à la fois vos aides financières et la qualité de votre nouvelle installation électrique.
Comment choisir un électricien ou entreprise qualifiée pour vos travaux ?
Même si la qualification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) n’est pas toujours obligatoire pour tous les travaux électriques, elle devient indispensable si vous souhaitez bénéficier de MaPrimeRénov’. Privilégiez des entreprises possédant cette mention et disposant d’une assurance responsabilité civile professionnelle à jour. Un professionnel habitué aux dossiers d’aides saura aussi vous fournir des devis détaillés conformes aux exigences des financeurs.
Comparez au moins trois devis en vérifiant plusieurs critères : références clients, assurances, délais d’intervention, détail des prestations et garanties offertes. Méfiez-vous des tarifs anormalement bas qui cachent parfois des prestations incomplètes ou du matériel de mauvaise qualité. Un électricien sérieux prendra le temps d’établir un diagnostic précis avant de chiffrer les travaux.
Quelles étapes suivre pour déposer vos demandes d’aides sans erreur administrative ?
La règle d’or : ne jamais signer le devis ni débuter les travaux avant d’avoir déposé votre demande d’aide. Le non-respect de cette chronologie entraîne automatiquement le rejet du dossier. Voici les étapes à suivre :
- Réaliser un diagnostic de votre installation électrique pour identifier les travaux nécessaires
- Demander plusieurs devis détaillés à des professionnels qualifiés
- Rassembler vos justificatifs : avis d’imposition, documents relatifs au logement, pièce d’identité
- Créer votre compte sur le site France Rénov’ et déposer votre demande en ligne
- Attendre l’accord de principe avant de signer le devis
- Réaliser les travaux par l’entreprise sélectionnée
- Transmettre les factures et attestations de fin de travaux pour obtenir le versement
Le délai d’instruction varie de quelques semaines à plusieurs mois selon les organismes. Prévoyez une marge de sécurité et conservez soigneusement tous les documents échangés. Une erreur administrative peut retarder considérablement le versement de l’aide.
Astuces pour cumuler les aides financières et réduire au maximum le reste à charge
Certaines aides sont cumulables, d’autres non : il est crucial de vérifier les règlements pour éviter les chevauchements interdits. Par exemple, MaPrimeRénov’ peut se cumuler avec l’éco-PTZ, les certificats d’économies d’énergie (CEE) et certaines aides locales. En revanche, les aides Anah ne sont généralement pas cumulables avec d’autres subventions publiques pour les mêmes travaux.
Une stratégie efficace consiste à intégrer vos travaux électriques dans un projet de rénovation plus global. Si vous prévoyez également d’améliorer l’isolation ou de changer le chauffage, la combinaison de plusieurs aides peut couvrir 70% à 90% du coût total pour les ménages modestes. Un conseil neutre d’un conseiller France Rénov’ (service gratuit) peut vous aider à bâtir la combinaison la plus rentable pour votre situation spécifique.
Enfin, n’oubliez pas la TVA à taux réduit de 10% applicable aux travaux de rénovation dans un logement de plus de deux ans. Pour les travaux de rénovation énergétique éligibles, ce taux peut même descendre à 5,5%. Ce bénéfice fiscal automatique s’ajoute aux autres aides et représente une économie supplémentaire non négligeable sur votre facture finale.
Refaire son installation électrique représente un investissement important mais nécessaire pour votre sécurité et votre confort. Grâce aux nombreuses aides financières disponibles en 2025, ce projet devient accessible à un plus grand nombre de foyers. L’essentiel repose sur une bonne préparation, une compréhension claire des dispositifs mobilisables et un respect rigoureux des procédures. En combinant intelligemment les aides nationales, locales et les solutions de financement, vous pouvez réduire significativement votre reste à charge et profiter d’une installation électrique moderne, sûre et conforme aux normes en vigueur.




